HISTOIRE DES MOTIFS  - 2/2

L’Art d’Aimer, un motif au destin incroyable qui fut le sans doute le plus utilisé dans le domaine des Arts décoratif dès 1758.

La toile cirée «toile de Beautiran» dont j’ai redessiné chaque motif à la plume pour retrouver la finesse des dessins d’origine est en fait un mélange de deux motifs différents de Beautiran.

PHOTO DE L'ART D'AIMER DE BEAUTIRAN - TOILE CIRÉE

Photo de la pièce originale - L'ART D'AIMER- toile de Beautiran

Scène L’ART D’AIMER - la toile a pris le nom de ce motif principal

Le titre de la toile est inspiré de l’ouvrage d’Ovide, manuel de savoir aimer très concret, qui valut à l’auteur romain les foudres de l’empereur Auguste, qui en profita pour l’exiler. L’ouvrage est tenu par l’éros, au centre de la scène présentant deux amies épiées.

 

La manière générale de cette toile est légère et allusivement érotique. On peut y voir des gorges ou des jambes partiellement dénudées, les mains des personnages sont actives et manifestent de l’affection, et dans les deux scènes présentant les amants, un bâton passe entre les jambes de l’un ou l’autre, tenu par le partenaire.

Les scènes principales, l’art d’aimer, les amants surpris et l’agréable leçon sont toutes les trois issus des gravures de René Gaillard, elles-mêmes issues de tableaux de Boucher.

Le motif « l’art d’aimer » eut un destin incroyable

La gravure de René Gaillard d'après L'Agréable leçon de Boucher fut publiée en 1758.

Elle devint l'une des estampes les plus utilisées dans le domaine des arts décoratifs.

Elle se retrouve peinte sur de la porcelaine de Sèvres et de Chelsea dans les années 1760 et de Copenhague dans les années 1770.

Elle a donné le modèle d'un groupe de sculptures fabriqué à Chelsea, Frankenthal et Lunéville. Elle fut également utilisée pour le couvercle d'une montre.

Elle servit enfin de motif sur un coton imprimé, à la manière de la toile de Jouy, exécuté par l'entreprise Favre Petitpierre et Cie à Nantes autour de 1785-1790.

Beautiran qui fut créé en 1792 repris cette création pour en faire une de ses toiles maîtresses.

La popularité de cette gravure conduisit les graveurs d'Augsburg, Johann Esaias Nilson et J. E. Ridinger à en faire des copies au milieu des années 1760, propageant plus encore le motif, notamment auprès des manufactures d’impression allemandes.

Tableau de François Boucher - 1748

National Gallery de Victoria, Melbourne

Gravure en noir et Blanc de René Gaillard qui sera la base de toutes les reproductions futures.

tissu original en lin de la Manufacture d'Impression de Beautiran. Version tardive ( XIXe siècle).

C'est à partir de cette toile qui m'appartient, dont les dessins sont "bouchés" que j'ai redessiné le motif.

Dessin à la plume que j'ai dessiné afin de pouvoir l'imprimer sur des toiles cirées.

Tirage d'une toile cirée de Beautiran à partir de mon dessin en Noir et Blanc

Le Musée des Techniques implanté à Beautiran (33) sur l’ancien site de la manufacture d’impression, la villa Maglya possède et expose une importante collection dont des échantillons de ces tissus anciens (fin XVIIIe - Moitié XIXe). Elle attend votre visite :