Pour votre table : nappe toile cirée PVC ou nappe toile enduite ?

« Du PVC ? Ah non, respectons la planète ! Je préfère le coton enduit ! »

Voilà une remarque à laquelle je suis quelquefois confrontée.

Mais qu’en est-il, dans le fond ?

Le mot « coton enduit » nous fait penser aux champs de coton, à la nature, au ciel bleu, au filage, au tissage… De jolies images bucoliques.

En revanche, le PVC nous ramène aux usines, aux fumées blanches, aux mauvaises odeurs… Des images qu’on voudrait voir disparaître de la planète.

Mais entre les images que nous avons en tête et la réalité, il y a parfois un fossé !

Alors, regardons d’un peu plus près ce que cachent ces deux matières.

Commençons par le coton enduit

Le coton, c’est naturel ! Certes. Mais cela ne signifie pas que sa fabrication soit écologique.

L’industrie textile exerce une forte pression sur l’environnement. Et la production du coton, malgré son image si rassurante, peut être particulièrement polluante.

Avant de devenir une jolie nappe, notre coton va parcourir un long chemin.

La culture

Le coton est cultivé dans des régions souvent chaudes, où les besoins en eau peuvent être considérables. S’il ne pleut pas suffisamment, il faut irriguer. Et parfois beaucoup !

À cela peuvent s’ajouter les engrais, les pesticides et les traitements nécessaires à certaines cultures intensives.

Une fois récoltées, les fibres sont transportées vers les lieux de filage, puis de tissage. Et notre coton n’est pas encore devenu une nappe !

La fabrication

Une fois tissé, le coton est « ennobli ». Un bien joli mot pour désigner les opérations de blanchiment et de traitement qui permettront ensuite de le teindre ou de l’imprimer.

Et là, les choses se compliquent ! Ces opérations nécessitent beaucoup d’eau, de l’énergie et des produits chimiques.

Deux situations peuvent alors se présenter :

Le tissu est teint et imprimé en France, où les rejets industriels sont soumis à des normes environnementales strictes. Les eaux usées doivent être traitées avant leur rejet dans les rivières. Cela ne supprime pas toute pollution, mais permet de la limiter.

Le tissu est teint et imprimé dans des pays où les réglementations sont moins exigeantes, ou moins bien appliquées. Et là… pour produire toujours moins cher, certaines usines rejettent leurs eaux chargées de colorants et de produits chimiques directement dans les rivières. Les cours d’eau et les nappes souterraines peuvent être gravement contaminés.

Et tout cela pour obtenir ce joli tissu de coton qui nous semblait si naturel ! Le coton est une fibre naturelle. Son industrie, elle, est loin d’être toujours vertueuse.

L’enduction

Mais ce n’est pas terminé ! Pour transformer notre tissu en toile enduite, il faut le rendre imperméable.

On applique donc sur le coton une fine couche protectrice, souvent à base de PVC, mais qui peut aussi être composée d’autres matières. Eh oui ! Certaines toiles de coton enduites contiennent elles aussi du PVC !

Cette couche protectrice permet de résister aux taches et à l’humidité. Mais, selon sa composition et sa qualité, elle peut s’user avec le temps et les lavages. Et lorsque l’enduction est abîmée, le tissu risque de perdre une partie de ses qualités protectrices.

Le lavage

La toile de coton enduite peut généralement se nettoyer à l’éponge. Certains modèles passent également en machine, selon les recommandations du fabricant.

Mais chaque lavage en machine consomme de l’eau et de l’électricité. Prenons un exemple : une machine consommant 50 litres d’eau par cycle. Si vous lavez votre nappe tous les deux mois, cela représente 300 litres d’eau par an, sans compter l’électricité et la lessive !

Bien entendu, tout dépend de la fréquence des lavages et du modèle de machine. Mais c’est aussi un élément à prendre en compte lorsqu’on parle d’environnement.

Le recyclage

Et que devient notre jolie nappe lorsqu’elle arrive en fin de vie ? C’est là que les choses se compliquent encore.

Le coton peut être recyclé. Le PVC aussi, dans des filières adaptées. Mais lorsque les deux matières sont associées, leur séparation devient techniquement difficile.

Une toile de coton enduite ne peut donc généralement pas être recyclée dans les filières textiles classiques. Deux matières potentiellement recyclables ne donnent pas nécessairement un produit facilement recyclable !

Et maintenant, parlons du PVC !

Le PVC a mauvaise réputation. Il évoque immédiatement la pétrochimie, les usines et la pollution. Mais savez-vous seulement comment il est fabriqué ?

La fabrication

Le PVC est un plastique, plus précisément du polychlorure de vinyle. Sa fabrication repose sur deux grandes matières premières : le sel, dont on extrait le chlore, et une matière carbonée généralement issue du pétrole ou du gaz.

Je vous épargne le cours de chimie, que je serais d’ailleurs bien incapable de vous donner dans tous ses détails !

Retenons simplement que le chlore et l’éthylène permettent de produire du chlorure de vinyle, qui est ensuite transformé en PVC par polymérisation.

Tout cela nécessite de l’énergie, des installations industrielles et des contrôles rigoureux. Le PVC n’est donc pas une matière miraculeuse, sans conséquence sur l’environnement. Mais il possède aussi des qualités qu’il serait dommage d’ignorer.

Le recyclage du PVC

Contrairement à ce que l’on entend parfois, le PVC peut être recyclé. Il existe aujourd’hui des filières industrielles capables de récupérer et de transformer certains déchets de PVC pour leur donner une nouvelle vie.

Des progrès ont été réalisés dans ce domaine, notamment en Europe. Cependant, tout dépend de la composition du produit, des additifs utilisés et des possibilités de collecte et de traitement.

Une toile cirée recyclable ne sera pas nécessairement recyclée si aucune filière adaptée ne la prend en charge. C’est une nuance importante. Et il ne faut surtout pas mettre sa vieille nappe dans le bac de tri sans vérifier les consignes locales !

Et la pollution ?

La fabrication du PVC a un impact environnemental réel. Sa production nécessite notamment des procédés chimiques dont les émissions et les rejets doivent être strictement maîtrisés.

Les réglementations industrielles ont évolué et les techniques de production se sont améliorées. Il existe également des recherches sur de nouvelles formulations, de nouveaux additifs et l’utilisation de matières recyclées.

Je m’intéresse à ces évolutions et aux nouveaux matériaux qui arrivent sur le marché. Certains sont prometteurs, même si leurs prix restent encore dissuasifs pour mes collections. Mais je ne désespère pas !

Et pour laver une toile cirée PVC ?

Un coup d’éponge ! Voilà qui simplifie singulièrement la vie. Pas besoin de passer régulièrement la nappe à la machine à laver.

Pour une table utilisée tous les jours, c’est tout de même appréciable. Et une toile cirée de bonne qualité peut durer longtemps, à condition de ne pas lui infliger les pires traitements : casseroles brûlantes, coups de couteau et autres petites catastrophes domestiques !

Alors, toile cirée PVC ou coton enduit ?

Revenons à nos champs de coton et à nos cheminées d’usine.

D’un côté, une fibre naturelle dont la culture, les traitements et la transformation peuvent être très polluants, et dont l’enduction complique le recyclage.

De l’autre, une matière plastique issue de l’industrie chimique, dont la fabrication a également un impact environnemental, mais qui offre une grande facilité d’entretien, une bonne résistance et des possibilités de recyclage dans certaines filières.

Alors, laquelle est la plus écologique ? Pour répondre sérieusement, il faudrait comparer l’ensemble de leur cycle de vie : fabrication, transports, utilisation, durée de vie et traitement des déchets.

Ce qui est certain, c’est que le coton n’est pas automatiquement vertueux parce qu’il est naturel, et que le PVC n’est pas automatiquement le mauvais élève parce qu’il est industriel.

Pour mes collections, j’ai choisi la toile cirée PVC pour sa résistance, son entretien si simple et sa capacité à mettre en valeur mes dessins.

Une nappe est faite pour vivre, recevoir les amis, supporter les repas de famille, les enfants, les petits accidents du quotidien… Et surtout pour durer !

Car finalement, une nappe que l’on garde longtemps, c’est aussi une nappe que l’on n’a pas besoin de remplacer.

Donc, à vous de voir !

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